mercredi 28 novembre 2007

Choisir un album des Rolling Stones

Si c'était l'été et que j'avais quelques compétences en la matière, j'aurais écrit un message sur le choix des melons. À quoi on voit qu'il est mûr, faut-il le soupeser, le sentir, examiner le pédoncule...Comment on sait s'il sera bon après-demain ? Malheureusement je ne fais pas partie de la minorité agissante de ceux qui « savent choisir un melon ». Je demande (discrètement parce que j'ai honte) au marchand de choisir pour moi. Comme je ne peux pas non plus proposer « et si on mangeait dehors ? » pour la dégustation du melon, parce que mon bibliobus n'a pas de balcon, je suis privée d'une bonne partie du folklore estival.

En même temps, on s'en fout, parce que c'est l'hiver, et que la choucroute ça se mange dedans.

Il y a en revanche un domaine que je connais bien, et qui est bien plus réjouissant qu'un déjeuner dehors, avec de la pisse de guêpe dans le rosé et une table bancale, c'est les Rolling Stones. On (moi mais aussi le reste du monde, sinon les concerts seraient à la mjc et pas au Stade de France) a souvent envie d'écouter un peu ce groupe mythique en dansant dans son salon. Et là, la question cruelle se pose, pire que celle du melon : comment choisir un album des Rolling Stones ? Les paresseux, ceux qui achètent leur melon tout découpé dans une barquette en plastique au supermarché, brandiront en ricanant un best-of. Moi je pense que ça dépanne bien mais que c'est moins bon. Et puis y en a marre d'écouter tout le temps Satisfaction alors que rien ne dit que c'est leur meilleure chanson. Je vous propose donc aujourd'hui quelques éléments pour, vous aussi, apprendre à choisir votre album des Rolling Stones. Un vrai, avec la pochette et tout, pas un cd gravé, et pour ceux qui ont de la chance, une réédition en réplique de vinyle avec même la petite pochette en plastique fin pour le cd.

Pour commencer, soyons ringards : Mick et ses acolytes n'ont plus rien fait de bien depuis 1972 à part deux ou trois chansons perdues sur des albums pas aussi fantastiques que les premiers, un excellent live en 91, Flashpoint, et bien sûr, le simple fait de continuer à cotiser au delà des 40 annuités parce que leur régime de retraite est tout pourri. Il nous reste malgré cela 10 albums. C'est là qu'on commence à les flairer et à examiner leur pédoncule.

Le top 4 :

- Exile on Main Street : le meilleur de tous selon certains. Il a l'intéressante particularité de ne contenir aucun des tubes ultra célèbres que tout le monde connaît, et pourtant c'est une valeur sûre. En plus c'est un double album, donc pour les radins, c'est pas mal, parce que ça fait 18 chansons. On peut l'écouter ici en préparant des langoustines.

- Let it bleed : un petit album vite fait bien fait avec du rock et du blues, et surtout Midnight Rambler et You can't always get what you want, soit 14 minutes et 26 secondes de perfection absolue.

- Between the buttons : pour le scandaleux Let's spend the night together et parce qu'il met d'une bonne humeur irrépressible.

- Aftermath : pour ceux qui aiment le rock et Paint it black, et pour Going home, la chanson qui aurait tout aussi bien pu durer une heure mais on aurait commencé à s'ennuyer.

Les autres qui sont bien aussi mais quand même un peu moins :

- Beggar's banquet : pour ceux qui aiment les photos de chiottes sur la couverture. Dans les années 60, c'était de la provocation, hihi...
- Out of our heads : pour ceux qui aiment quand même Satisfaction et parce que c'est le premier qui contient des chansons vraiment écrites par les Rolling Stones.

- Les deux premiers sont bien mais moins bien. C'est surtout pour les inconditionnels...

- Sticky Fingers : pour ceux qui fantasment sur la couverture

- Their satanic majesties request : déjà c'est un disque psychédélique bizarre, et en plus il y a les sinistres John Lennon et Paul McCartney qui font les choeurs dessus. BERK. J'aime pas les Beatles et je censurerai tout commentaire favorable à ce groupe inintéressant. Bon ceci dit la pochette est rigolote, et quand on veut l'intégrale, il faut celui là aussi.
Pour les irréductibles feignasses, acheter le double Hot Rocks, mais puisque je vous dis que c'est moins bien...
Je sais que ce message était trop long, aussi je décerne une poignée de main cordiale et toute ma considération à ceux qui sont arrivés jusque là.

mardi 27 novembre 2007

Du cru et du croustillant : un tartare-frites comme au bistrot

Ceux qui n'aiment pas la viande crue peuvent s'enfuir tout de suite : je me suis régalée d'un steak tartare. Le concept :


Quoi j'exagère ? C'était pour illustrer le fait que si on n'est pas sûr de la fraîcheur de la viande, on laisse tomber et on se contente de frites (avec de la mayonnaise). Je suis une fanatique du steak tartare, avec des frites. Eventuellement des pommes de terre sautées, mais plutôt des frites. Pas de salade, ça gâche. Juste la viande, moelleuse et bien froide, avec les frites croustillantes et brûlantes. La perfection. Alors normalement c'est un plat de bistrot, pas un truc qu'on fait chez soi, probablement à cause des frites. Je ne suis pas une brute de l'huile, donc je les fais au four.


Ingrédients pour une personne :

Frites au four :
- 3 pommes de terre
- huile
- paprika

Steak tartare :
- 150g de bifteck haché : préciser au boucher que c'est pour un steak tartare, et l'acheter le jour même.
- 1 jaune d'oeuf : super frais ! le jaune d'oeuf cru, c'est le meilleur moyen d'avoir des maladies horribles dont personne n'a envie d'entendre parler. L'idéal c'est d'avoir une poule chez soi, et d'attendre la main dessous que l'oeuf tombe. De l'autre main, tuer le boeuf, prélever le steak et le hacher menu.
- 2 petits cornichons
- 1 cuillerée à café bien pleine de câpres
- 1 échalote grise
- sauce Worcestershire
- Tabasco

Préparation :

- On commence par les frites. Peler les pommes de terres, les couper en frites, et les mélanger dans un bol avec de l'huile. L'idée est que toutes les faces de toutes les frites soient couvertes d'une fine pellicule d'huile, pas d'apprendre à nager aux frites.
- Saupoudrer les frites de paprika, et les étaler en une seule couche sur la plaque du four, puis faire cuire à 200° le temps nécessaire en les retournant de temps en temps.
- Pendant ce temps-là, la viande reste dans le frigo. Hacher les cornichons, les câpres et l'échalote.
- Sortir enfin la viande et la mélanger avec les aromates hachés (hachées ? un aromate ? une aromate ? ça me rappelle une blague vraiment marrante avec un directeur de zoo qui commande un chacal par la poste. s'il y en a qui ne connaissent pas, je la raconte dans un prochain message), puis ajouter le jaune d'oeuf.


- Saler, poivrer, et inonder de sauce Worcestershire et de Tabasco. Faut que ça pique. Mélanger énergiquement.
- A ce moment, les frites sont cuites. Sinon, prendre l'initiative de ne pas suivre parfaitement la recette (vive la transgression), et attendre un peu en remettant la viande au frais.

La recette en pdf

samedi 24 novembre 2007

Courge butternut veloutée, épisode 1

YIHAH ! Je n'ai pas eu de betteraves dans mon panier cette semaine, mais un céleri, et surtout une courge butternut.

La courge butternut est jaune orangé, toute douce et délicate. Elle se prépare comme n'importe quelle courge, en l'occurence aujourd'hui une soupe très légèrement épicée (on ne brutalise pas une courge butternut) avec du lard grillé sur le dessus.













Voici la recette, ultra fastoche, je me demande même pourquoi je la mets. Si, parce que pour une fois la soupe est un peu photogénique. Non, la tranche de lard ne ressemble pas à une souris morte.



Ingrédients pour deux bols :

- Une demie courge butternut (très bientôt une autre recette avec l'autre moitié...)
- 1 oignon
- 3 gousses de cardamome
- 2 tranches fines de poitrine fumée

Préparation

- Peler la courge et la couper en cubes (attention c'est très dur)
- Emincer l'oignon
- Placer le tout dans une marmite et recouvrir largement d'eau salée, puis laisser cuire une quarantaine de minutes
- Faire griller les tranches de poitrine fumée au four
- Mixer la soupe
- Servir avec le lard grillé posé amoureusement sur la soupe

vendredi 23 novembre 2007

Encore du lard fermier, avec du chou et des champignons

Une petite précision pour commencer : le lard fermier ne se conserve pas aussi longtemps que j'essaie de vous faire croire. J'ai fini de le cuisiner il y a quelques temps déjà, et j'ai gardé le message pour un jour bien froid pour que ce plat fasse envie. Une fois de plus, il n'a pas vraiment de nom. C'est du chou au champignons et au lard. Dit comme ça, ça ne fait pas rêver. Mais il va falloir faire un effort d'imagination parce que :
- j'ai oublié de le photographier
- l'appareil photo a effacé la photo tout seul
- la photo était tellement moche que je préfère ne pas la mettre

Ingrédients

- un demi chou vert
- lard fumé
- un oignon
- un bol de champignons des bois (frais, séchés, surgelés en provenance d'une grande marque de surgelés qui a le nom d'une région du nord de la France, l'essentiel est qu'ils aient du goût, pas des champignons de Paris en boîte...)
- 25cl vin blanc
- vinaigre blanc ou de riz
- 6 grains de coriandre

Préparation

- Détailler le lard en lardons et le faire griller à sec dans une petite marmite
- Quand le lard commence à griller, ajouter les champignons et bien remuer
- Mouiller de vin blanc et laisser cuire un peu
- Emincer le chou et l'ajouter dans la marmite. Le chou réduit, au début on a l'impression que ça ne tiendra jamais dans la petite marmite, mais en fait, si.
- Ajouter les grains de coriandre. Ca va merveilleusement avec le chou et la choucroute, mais le parfum doit rester discret. Donc 6 grains, pas plus.
- Couvrir et laisser mijoter une petite heure.
- Ca marche aussi avec de la saucisse de Morteau, pour ceux qui partent en week end en Franche Comté au lieu de l'Alsace.

La recette en pdf

jeudi 22 novembre 2007

Paniers croustillants (et super classe) de pommes de mer aux langoustines

Malheureusement je n'ai pas été sélectionnée pour la Cuisine Cup. Comme je savais bien que je n'avais aucune chance, et qu'il y a de toutes façons des choses plus graves dans la vie, comme les pizzas avec un oeuf mal cuit, je ne suis ni triste ni déçue. D'autant plus que je n'étais pas disponible pour le huitième de finale parce que j'ai un cours de cuisine chinoise sur les dim-sun.


Du coup voici ma recette, que le traiteur Chacha avait eu l'occasion de goûter partiellement (seulement la partie aux langoustines). On va commencer par quelques préjugés sur les langoustines : c'est cher et pas pratique à préparer. Oui et non. Objectivement, c'est pas donné, mais une célèbre chaîne de surgelés bien implantée en milieu urbain propose des queues de langoustines crues à des prix tout à fait abordables. Et surtout la langoustine s'utilise deux fois. Une première fois pour manger sa chair délicate et proche de la perfection, et une deuxième fois pour faire un bouillon délicat (peut être ce qu'on appelle une bisque, mais je ne suis pas pro, moi), qui peut servir pour un risotto ou pour une sauce à quenelles de brochet. Donc, utilisée deux fois, j'en déduis qu'il faut diviser par deux le prix d'achat de la barquette de langoustines. Bon, pour l'aspect pas pratique à préparer, ben oui, faut décortiquer. Heureusement on a les Rolling Stones : je conseille Exile on Main Street, bien long, et l'un des meilleurs dans son genre (un jour je ferai un billet plus détaillé sur les Rolling Stones).
Au fait, le nom c'est "paniers croustillants de pommes de mer", et ça se sert soit en apéro dinatoire chic, soit en entrée avec une petite salade.

Ingrédients :

Paniers croustillants
- 200g de pommes de terre
- 1 oeuf
- jus de citron

Garniture aux langoustines
- court bouillon : une carotte, un petit oignon, une gousse d'ail, vin blanc, laurier, sel, poivre
- 30 à 40 queues de langoustines : ça fait une barquette de chez mon surgeleur préféré
- un avocat bien mûr
- 1cs de nuoc mam, 1cs de jus de citron, une bonne pincée d'aneth, sel, tabasco

Préparation

- Peler les pommes de terre, les laver et les râper avec une râpe à gros trous
- Egoutter les pommes de terre râpées en pressant bien pour faire sortir le jus
- Ajouter un oeuf battu, saler, poivrer
- Faire fondre le beurre
- Déposer de petits tas bien plats dans des moules à petits gâteaux ou à petits muffins
- Verser sur chaque galette une demi-cuillère à café de beurre fondu
- Cuire au four 20 minutes à 180° jusqu'à ce que les galettes soient bien croustillantes
- Démouler sur du sopalin pour éponger le gras, et laisser tiédir un peu
- Préparer un court bouillon et y faire cuire rapidement les langoustines (2 à 3 minutes au maximum, plutôt moins)
- Décortiquer les langoustines en gardant les carapaces. c'est là qu'on est content qu'Exile on Main Street soit un double album...
- Mixer l'avocat en purée avec le nuoc mam, le jus de citron et l'aneth, saler très légèrement
- Garnir les paniers d'une cuillerée de purée d'avocat surmontée d'une langoustine

Utilisation des déchets : l'instant recyclage de luxe

- Remettre tous les déchets de langoustines dans le court-bouillon, avec une petite boite de concentré de tomates et une bonne rasade de cognac. En théorie, il faudrait flamber, mais j'ai peur de mettre le feu à mon bibliobus, donc je laisse le tout mijoter suffisamment longtemps pour que l'alcool s'évapore. Laisser mijoter le tout au moins une heure, voire une heure et demie.
- Filtrer et verser le délicieux bouillon parfumé ainsi obtenu dans des récipients hermétiques (deux fois un tiers de litre environ, pour moi). On peut soit le réutiliser dans les deux ou trois jours, soit le congeler : vous aurez bientôt une recette.

La recette en pdf

Deuxième chance : j'ai proposé cette recette au concours de recettes chics pour Noël de Requia : http://requia.canalblog.com/archives/2007/11/13/6871801.html

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