mardi 28 avril 2009

Shiitaké mijotés au shoyu

Je ne sais pas si on peut considérer les champignons comme des légumes. Diététiquement parlant, probablement non, mais dans ce cas, on les met dans quelle catégorie pour faire un menu équilibré ? Ce n'est pas de la viande, ni du poisson, ni un féculent. Peut-être que les champignons n'ont aucune valeur nutritive ?

D'après Wikipedia, les shiitaké, qui nous occupent aujourd'hui, sont pleins de vitamines :
"Le Shiitaké est une source de fibres et plus spécifiquement de sucres complexes polysaccharides de type beta-glucan et présente des teneurs remarquables en vitamine B2 et en vitamine PP (33 % de l'apport conseillé pour 100 g)."
Voilà qui met de bonne humeur, et donne envie de flâner dans Wikipedia pour savoir à quoi servent au juste ces deux vitamines et, tant qu'à faire, ce qu'est une vitamine et comment ça marche.

Comme je trouve que les champignons shiitaké appartiennent, peut-être pas diététiquement parlant, mais gustativement parlant, à la famille des légumes, voici une recette japonaise de shiitaké mijotés au shôyu, c'est à dire à la sauce soja, qui tient lieu d'accompagnement. Pour aller avec, on a eu une soupe miso au tofu et aux algues wakamé, et des makis au saumon.


Ingrédients pour deux

- 12 champignons shiitaké séchés
- 1 cuillerée à soupe de shôyu
- 1 cuillerée à café de sucre
- 2 cuillerées à soupe d'huile végétale
- 1 cuillerée à café d'huile de sésame

Préparation

- Plonger les champignons dans un grand bol d'eau pendant au moins une heure, deux c'est mieux.
- Egoutter les champignons et réserver 5cl d'eau de trempage.
- Oter les pieds des champignons et les couper en deux ou trois.
- Faire chauffer l'huile végétale à feu vif dans une petite casserole, puis ajouter les champignons et faire revenir 5 minutes en remuant constamment. Pour cette opération, les baguettes sont un ustensile pratique.
- Au bout de cinq minutes, ajouter les 5 cl d'eau de trempage, le shôyu et le sucre, et réduire le feu pour qu'il soit le plus bas possible.
- Laisser mijoter jusqu'à ce que quasiment tout le liquide soit absorbé, en remuant souvent.
- Hors du feu, ajouter l'huile de sésame, bien remuer, et servir tiède ou froid.

Des questions ?

- On trouve les shiitaké déshydratés dans les épiceries asiatiques, chinoises par exemple. Pas besoin de chercher une épicerie japonaise.
- Il faut des shiitaké déshydratés pour la recette, ça ne marche pas avec les champignons frais. Le fait de les sécher concentre les goûts.
- Le shôyu, c'est la sauce soja japonaise. Je prends la marque Kikkoman, par bouteilles d'un litre (j'adore la sauce soja). La sauce chinoise n'est pas pareille, elle a un goût très différent. Là, il faut de la sauce japonaise.
- L'huile de sésame se trouve dans les épiceries asiatiques aussi. Il faut prendre une petite bouteille, parce qu'elle rancit vite, et s'utilise toujours avec parcimonie, quelques gouttes, une cuillerée à café au maximum. On ne peut pas la faire chauffer, parce que ça pue horriblement.
- Les recettes du reste du menu, c'est où ? Les makis ici, tout sur les sushis là, et la soupe miso ici.
- On fait quoi d'autres avec le reste du paquet de champignons ? Un chirashi-sushi printanier, des sushis en poche de tofu frite, une soupe de nouilles udon qui guérit la gueule de bois, une soupe miso aux champignons, ou une soupe miso au porc. Ou alors une farce pour des raviolis, ou encore des nouilles sautées chinoises. Tout est possible, c'est un ingrédient qui vaut vraiment le coup à acheter.

dimanche 26 avril 2009

Une photo qui se mange avec les doigts



J'ai trouvé un jeu sympathique chez C'est pas moi je l'jure. Il faut publier une photo de quelque chose qui se mange avec les doigts. Fastoche, j'adore manger avec les doigts. Après une longue consultation de moi-même pour choisir la photo, j'ai pris des temari-sushi au thon. Je sais bien qu'on les mange avec des baguettes, en théorie. Mais souvent, j'aime aussi les manger avec les doigts.


La recette est là, et plein d'autres choses sur les sushis ici.

C'est bon, mais c'est chaud

En japonais, le bruit que l'on fait en mangeant les nouilles, c'est "zuru-zuru". L'autre jour, je mangeais un bon bol de riz au boeuf sauté dans une cantine japonaise et parisienne, et derrière moi, un groupe de japonais se régalait de ramen à grands coups de zuru-zuru, un truc incroyable. Ma bonne éducation occidentale est tenace, et j'avoue que j'ai du mal à faire du bruit délibérément en mangeant, ou alors pendant quelques secondes, pour rigoler. En plus, avec des nouilles, il faut bien avouer qu'il y a deux problèmes : en aspirant des nouilles, on leur donne un mouvement de balancier, et on court le risque de se claquer le nez ou le menton avec une nouille molle et brûlante, et de faire gicler de la sauce un peu partout. Le deuxième problème, c'est que c'est bon, mais c'est chaud, et j'ai peur de me faire une brûlure de la largeur d'une nouille le long de la langue et au milieu de la bouche, correspondant au chemin tracé par une nouille à 90° qui passerait à toute allure du bol au fond de mon gosier. D'ailleurs, je rêve de savoir dire "c'est bon mais c'est chaud" en japonais ou en coréen. J'ai essayé google traduction, mais ça ne me semble pas génial, on ne retombe pas sur la phrase d'origine quand on retraduit la phrase. Qui peut m'aider ?

Pendant ce temps, un nouvel essai bon et chaud de soupe de nouilles déshydratée. Il s'agit cette fois d'une marque coréenne, qui ne me semble pas avoir de goût particulier, genre boeuf, crevette, chou ou beignet. J'ai pris "mild", c'est à dire pas trop fort, parce que souvent, quand c'est coréen, c'est très très piquant. Le paquet est un peu plus grand que ses confrères vietnamiens : 120g, contre 85g pour des nouilles vietnamiennes à goût de saté. Dedans, un classique bloc de nouilles ramen, et deux sachets : base de soupe, et assaisonnement.

Pour la préparation, on nous suggère avec une prévenance toute coréenne, et traduite en anglais, de customiser la soupe pour la rendre meilleure. Pour moi, ce sera kimchi au chou et oeuf (je prépare un billet sur le kimchi, je suis sûre que c'est un sujet qui intéresse plein de monde). La soupe se prépare à la casserole : il faut mettre les nouilles, les deux sachets et 550cl d'eau dans une casserole, porter à ébullition, et laisser mijoter 4 à 5 minutes. Lorsque c'est fait, j'ajoute une bonne portion de kimchi, je remue un peu, puis j'éteins la plaque, je casse l'oeuf dans la casserole et je couvre le tout. Quatre minutes plus tard, le temps de préparer une petite salade, parce qu'il serait illusoire de s'imaginer qu'il y a des légumes dans les soupes de nouilles déshydratées, c'est prêt.

Le verdict :

- Je vais devenir une inconditionnelle de l'oeuf dans la soupe de nouilles. Là, le jaune a un peu cuit, jusqu'à devenir tout moelleux, pas coulant mais pas dur pour autant, et c'était parfait.
- La soupe "mild" n'est effectivement pas piquante. Le kimchi au chou, si, mais on s'en doutait : pour ceux qui ne connaissent pas, c'est du chou fermenté à l'ail et au piment, avec une odeur et un goût puissants. Il doit probablement y avoir pas mal de gens qui n'aiment pas, moi je trouve ça très bon.
- Le bouillon a un bon petit goût de légumes, rendu discret par le kimchi.
- Les nouilles ont une bonne texture, bien élastiques, et elles sont plutôt longues.
- On ne retrouve pas de poussière au fond du bouillon, et ça c'est bien agréable. Je pense qu'on tient là une bonne marque de soupe.
- Je continue donc officiellement d'alimenter la rumeur qui prétend que les nouilles en sachet coréennes sont les meilleures du marché, en tous cas pour les ramen.

Bande annonce : il me reste un paquet de ramen vietnamiennes à goût de saté, et un paquet de udon japonaises à goût de boeuf (je crois que je préfère les udon).

samedi 25 avril 2009

Un partenariat original

Ces derniers temps, j'ai remarqué que pas mal de blogs étaient pris d'une frénésie de partenariats. Enfin, une frénésie de publicité, en fait : une boutique en ligne m'a très gentiment envoyé des produits, j'en parle sur mon blog, surtout sans critiquer, tout est très bon, tous les produits sont formidables, absolument rien à redire. C'est fou, hein, quand on fait soi-même les courses, et qu'on paye à la fin, il y a des trucs bien, et d'autres moins bien, des trucs bons mais quand même, ils abusent sur le prix, des trouvailles incroyables, et des produits bons mais pas non plus extraordinaires. Et puis quand on reçoit les colis publicitaires, tout est parfait.

Peut-être que le tout paraîtrait un peu plus sincère si je lisais de temps en temps quelque chose comme : "honnêtement, le paquet est joli, mais le contenu est un peu fade", ou "ils se foutent un peu du monde, à 12 euros le paquet de 500g de pâtes", ou encore, "pas très intéressant quand on habite en région parisienne, on trouve la même chose trois fois moins cher chez Paris Store".
Bon, vu du côté des boutiques en ligne, je suppose que ça vaut vraiment le coup : plutôt que de se payer une campagne de pub, il suffit d'envoyer une dizaine de colis à 30 euros, et d'innocents blogueurs se chargent du reste.
Du coup, je ne vais plus sur certains blogs qui sont devenus de vraies pancartes publicitaires, et me semblent avoir vendu leur âme à des "partenariats".

De mon côté, j'ai noué un partenariat très intéressant, qui me permet de goûter des produits originaux. C'est un partenariat avec mes potes. On s'aime bien, on se fait des cadeaux, et souvent, pour moi, le cadeau c'est un souvenir culinaire de voyage, ou un produit un peu fou. Je ne leur fais pas de publicité, parce qu'ils ne vendent rien, mais on s'invite à dîner, on passe de bons moments ensemble, et on boit des coups. Et eux m'offrent des cadeaux, pas pour que j'en parle sur mon blog, mais parce qu'ils sont vraiment gentils (non, ce n'est pas par pure gentillesse que la maison Truc ou l'épicerie Bidule envoient des colis aux blogueurs).

Par exemple, on m'a offert de la sauce mexicaine au piment, avec un mexicain moustachu sur l'étiquette. Il y a quelques années, je croyais que le piment, c'était juste piquant. Puis, petit à petit, je me suis rendue compte que tous les piments ont des goûts différents, et plus ça va, plus j'aime ça. Alors, cette sauce mexicaine est rouge et un peu épaisse, avec un goût de la même famille que le Tabasco rouge (je n'ai jamais goûté le vert, au jalapeno), c'est à dire très différent de cette petite sauce chinoise dans une bouteille en plastique avec un bouchon vert (si si, vous voyez laquelle), ou du piment d'Espelette, ou du paprika hongros extra-fort (j'ai toutes ces sortes, et aussi d'autres). Ici, le piment a un goût de poivron assez marqué, et la sauce n'est pas du tout sucrée ni acide. Elle se marie merveilleusement avec le goût d'un avocat bien mûr, d'où la recette du jour, parce que je n'allais quand même pas écrire un si long message sans rien à manger à la fin.
Souvent, pour les salades, je mets les ingrédients en vrac, mais un aimable lecteur m'a dit que certaines recettes étaient difficiles et pas trop faisables. Alors, pour une fois, je détaille un peu plus, parce que c'était vraiment super bon, et pas trop compliqué à mon avis.


Ingrédients pour deux

- 400g de petites rattes (c'est une sorte de pommes de terre, on n'est pas en train de parler d'une salade au rongeur, hein)
- Huile d'olive
- 4 tranches de saumon fumé de bonne qualité
- Jus de citron
- 1 avocat bien mûr
- Mesclun ou salade de jeunes pousses
- Aneth
- Sauce au piment ou Tabasco

Préparation

- Laver les pommes de terre, et les brosser un peu. Couper les plus grosses en deux pour qu'elles fassent environ 3 cm de long.
- Badigeonner d'huile d'olive les pommes de terre. On peut utiliser un pinceau, ou alors mettre les pommes de terre dans un petit saladier, verser un filet d'huile d'olive, et bien mélanger.
- Répartir les pommes de terre sur une plaque à four, et enfourner à 180°C pendant une vingtaine de minutes. L'idéal est d'ouvrir le four de temps en temps pour les remuer un peu.
- Couper les tranches de saumon en lanières, les répartir dans une assiette un peu creuse, et les arroser de deux cuillerées à soupe de jus de citron et d'une cuillerée à soupe d'aneth. Laisser reposer quelques minutes.
- Pendant ce temps, réduire l'avocat en purée pas trop lisse à l'aide d'une fourchette.
- Ajouter à la purée d'avocat une cuillerée à soupe d'aneth, une cuillerée à soupe de jus de citron, et de la sauce au piment ou du Tabasco (moi je mets 10 gouttes, à vous de voir).
- Dresser les assiettes joliment. J'ai mis la purée d'avocat au milieu, quatre petits tas de pommes de terre autour, et quatre petits lots de mesclun et saumon entre les tas de pommes de terre, et franchement, c'était pas mal.


Des questions ?

- Les rattes sont de petites pommes de terre nouvelles très goûteuses qui se mangent avec la peau. Si on n'en a pas, d'autres toutes petites pommes de terre nouvelles conviennent aussi.
- Pour le saumon, il faut du saumon de bonne qualité. On peut aussi prendre du saumon mariné (maison, pourquoi pas ?).
- Je n'ai pas mis de sauce sur le mesclun, parce qu'il y a déjà de l'huile d'olive autour des pommes de terre, et du citron avec le saumon et l'avocat. Je pense que cela ferait trop de goûts différents, et un peu trop d'huile.
- Je suis désolée d'avance pour les gens qui se sentiront concernés par mon baratin sur la publicité. Mais j'aime bien les blogs culinaires parce que c'est une démarche personnelle, et pas commerciale. Quand ça devient publicitaire et commercial, ça ne m'intéresse plus, c'est tout Cela dit, je comprends qu'on aie envie de recevoir des produits qui ont l'air gratuits, il suffit de garder à l'esprit qu'ils ne sont plus gratuits dès lors qu'on se sent obligé d'en faire la publicité, et d'assumer sa démarche.

lundi 20 avril 2009

Ce qui fait une bonne photo culinaire

Souvent, je me demande ce qui fait une bonne photo. Plus précisément, à chaque article pour ce blog, quand je choisis la photo du plat.

De toute évidence, le premier critère pour qu'une photo soit bonne est que je ne l'aie pas prise moi-même. D'où la nécessité de Paupiette. Ensuite, il y a cette épineuse question de la lumière. En théorie, la lumière naturelle est mieux, mais en pratique, j'ai des photos prises en lumière artificielle (un lampadaire d'une grande marque suédoise, pour tout dire) qui sont vraiment chouettes, et d'autres prises en lumière naturelle qui sont un peu verdâtre. La manière dont les couleurs apparaissent sur la photo est importante, mais un mystère total pour moi. Une fois qu'on a tous ces critères, il faut un plat photogénique et bien présenté, mais là encore, une soupe orange avec une cuillère dedans peut avoir un rendu tout à fait acceptable. Et pour terminer, il faut un cadrage intelligent, et une espèce de sens photographique, plutôt difficile pour les photos culinaires. C'est vraiment très compliqué, tout ça. Malgré tout, il me semble qu'il y a une constante : les répétitions, quand on a plein de trucs pareils, rendent plutôt bien en photo. Par exemple, plein de mini-muffins d'apéro aux poivrons rouges, fourrés de mascarpone et tapenade.


Ingrédients

- 250g de farine
- 1 sachet de levure
- 2 poivrons rôtis (maison ou en bocal)
- 2 oeufs
- 125 ml de lait
- 6 cl d'huile d'olive
- mascarpone
- tapenade (maison ou en bocal)

Préparation

- Tamiser ensemble la farine et la levure.
- Hacher les poivrons rôtis, et les mélanger à la farine.
- Fouetter légèrement les oeufs, le lait et l'huile, saler légèrement.
- Ajouter le mélange aux oeufs à la farine, et mélanger doucement avec une cuillère pour que le mélange soit homogène.
- Verser cette pâte dans des empreintes à mini-muffins, et enfourner 15 à 20 minutes.
- Démouler les mini-muffins sur une grille, et les couper en deux pendant qu'ils sont encore chauds.
- Déposer une demi-cuillerée à café de mascarpone sur une moitié, et de la tapenade sur l'autre, puis réunir les deux moitiés pour reconstituer le muffin.

Des questions ?

- On ne le dira jamais assez, les bocaux de poivrons rôtis du rayon casher du Franprix sont une belle invention.
- Puisqu'on parle de photo, vous avez sûrement remarqué que pas mal de photos de ce blog sont prises sur un fond en bois. Ce n'est pas une très belle table, mais le plancher du Coyote-Motel. Au cas où il y aurait eu des gens qui se posaient la question.


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